Les bouffons de la gauche
Fabrice Madouas
Humoristes. On les entend partout et tout le temps. Ils commentent l’actualité, livrent leurs analyses. Ce sont les servants de la morale “bobo”. Enquête sur des comiques pas drôles.
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Les humoristes occupent tant de place qu’on serait tenté de compléter la typologie des intellectuels dressée par Régis Debray…
Le philosophe distingue trois époques dans l’histoire des intellectuels français :
- le cycle universitaire, marqué par le magistère républicain des professeurs à la fin du XIXe siècle ;
- le cycle éditorial, qui débute après la Première Guerre mondiale avec l’influence des écrivains ; enfin
- le cycle médiatique, dont les journalistes seraient les principaux acteurs depuis la fin des années 1960, l’information se substituant à la connaissance.
- On pourrait presque y ajouter un “cycle comique” ouvert par nos humoristes, personnages principaux de la société du spectacle.
Car l’ambition intellectuelle de ces enfants de la télé n’est pas mince : la plupart se réclament de Voltaire et de Beaumarchais dans le but de justifier leurs insolences. Pourquoi pas ? À condition de rappeler que l’on risquait à l’époque la Bastille, alors que nos dirigeants politiques affectent de rire à leurs saillies, quand ils ne rêvent pas d’avoir leur marionnette aux Guignols !
Réservant leurs flèches à des cibles qu’ils peuvent ajuster sans risques (surtout l’Église, dont la puissance occulte semble les fasciner), nos humoristes sont habiles à se préserver. On ne sait, à vrai dire, s’ils fixent le la du prêt-à-penser médiatique ou s’ils en sont les produits les plus aboutis.
« Les épisodes comiques que les télévisions et les radios distillent à longueur de journée ne sont pour l’essentiel qu’acquiescements à des stéréotypes, à un système qui frappe tout d’indistinction. Le néohumorisme est un phénomène de masse », relève François L’Yvonnet. Nul n’oserait aujourd’hui refaire certains sketches des Inconnus…
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