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sábado, 12 de agosto de 2017

Nuevos descubrimientos en la Sábana Santa: la sangre es de un hombre torturado


NUEVAS PRUEBAS SOBRE LA SÁBANA SANTA


Con técnicas aplicadas por primera vez a muestras tomadas de la Sindone de Turín, cuatro científicos italianos han encontrado sustancias que solo se encuentran en la sangre de una persona sometida a tortura física y agonía. 



https://youtu.be/NzFRzgnxNc0

"de la propagande à l'état pur, jamais pour, toujours contre, sans autre but que de donner du jeu, du mou, tout décoller, dénouer, défaire, déverrouiller"


Pourquoi faut-il lire "Le montage" de Vladimir Volkoff


par Isabelle Stal

Dans Plamia N° 61 1982

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Vladimir Volkoff, Le montage, Paris- Lausanne, Julliard, Ed. de l'Age d'Homme, pages 354



"Les Volkoff, d’origine tatare, ont servi les tsars depuis Ivan le Terrible. Le grand-père de Vladimir Volkoff, « le général Vladimir Aleksandrovitch Volkoff a disparu pendant la révolution, probablement fusillé par les bolcheviks après avoir commandé la garnison d’Omsk sous le gouvernement de l’amiral Alexandre Koltchak1 ». Par sa famille maternelle, les Porokhovstchikoff, Volkoff est le petit-neveu du compositeur Piotr Ilitch Tchaïkovski. Son grand-père, Ioury Serguéïévitch, sapeur, est mort en France en 1937 après avoir été prisonnier en Allemagne, appris l’horlogerie en captivité, décrotté des wagons à bestiaux à Metz, et travaillé comme ajusteur chez un facteur d’orgues.
Ses parents, échappés de la Révolution et émigrés en France, se rencontrent et se marient à Paris. Son père, Nicolas, travaille comme laveur de voiture et gardien de nuit dans un garage, et sa mère, Tatiana, comme brodeuse." - Biographie: fr.wikipedia.org
Remarquablement composé, brillamment écrit, le roman de Vladimir Volkoff "Le Montage" se lit d'une seule traite comme une histoire d'espionage. D'une exactitude microscopique dans la peinture des clichés, des travers de pensée, des tics de langage du snobisme et des partis pris de certains milieux intellectuels parisiens, savoureux dans la description des diverses générations et des multiples courants de la dissidence, on pourrait aussi bien y voir un court traité d'ethnographie. Mais pour lui rendre entière justice et le placer dans sa vraie lumière : il faut en déceler l'intention métaphysique que la question suivante pourrait à la rigueur résumer : qu'est devenu pour nous aujourd'hui l'exercice de la pensée? En demeurons- capables ou bien sommes-nous infectés par cette maxime luciférienne qu'énonce le personnage le plus énigmatique du roman, l'assassin manqué de Brejnev, l'ex-prisonnier fou de la très redoutable cellule Mikhaïl Léontéévitch Kouznetsov " la révolte de Lucifer n'est pas la révolte du mal contre le bien mais du bien contre l'être" (p.236) . Maxime redoutable dont la mise en oeuvre, "pour la France" incombera au jeune Alexandre Psar, fils d'émigré, qui, contre la promesse d'un retour tardif mais assuré au pays de ses pères, vendra son âme et ses talents au diable de notre temps.

Pour honorer son contrat, Psar recours aux multiples techniques de la "désinformation". Un petit excursus didactique est ici nécessaire. La désinformation est à l'espionnage traditionnel ce que la guerre moderne, totale et totalement destructrice est aux affrontements armés des siècles passés. L'espionnage est sa parade, le contre-espionnage , visent à surprendre les plans de l'ennemi de manière à pouvoir, le cas échéant, paralyser son action. A ce titre, ils pénètrent les secteurs-clés qui concentrent la puissance de l'Etat. La désinformation, quand à elle vise moins l'agir de l'Etat que l'être des sociétés ; elle en sape les valeurs, l'histoire, les traditions, les assises nationales. Comme un scalpel qui dissocie les tissus ou un acide qui les corrode, elle atteint les points névralgiques de l'organisme social qu'elle a pour tâche de désarmer. La dialectique dont elle use à cet effet est fort simple : "nous sommes bons puisque vous êtes mauvais." L'application de ce sophisme, tout à la fois postulat et déduction, est ainsi développée dans le "Vadémécum de l'agent d'influence" : "Ce qu'il faut faire, c'est déboulonner l'ordre ancien sans rien préciser de précis pour le remplacer ... et cela, grâce à des moyens techniques dont Karl Marx ne rêvait même pas, les mass-média". (Page 59) Sans eux, en effet, on ne saurait mettre en oeuvre la technique dite du levier qui s'énonce ainsi : " "Plus la distance est grande entre le point d'appui et le point d'application, plus le poids que vous pouvez soulever est grand ... Il faut bien s'imprégner de l'idée que c'est la distance même qui forme le levier et, par conséquent toujours chercher à l'augmenter , jamais à le diminuer... c'est pourquoi le levier idéal c'est la presse et ce seront bientôt les mass-médias. La préparation une fois faite on n'aura plus besoin d'orienter l'information, il suffira de la laisser résonner " (pp 62-63)

Promu agent littéraire après un stage aux USA, Psar organise brillamment le réseau de ses caisses de résonnance. Il fait comme on le lui a enseigné : "de la propagande à l'état pur, jamais pour, toujours contre, sans autre but que de donner du jeu, du mou, tout décoller, dénouer, défaire, déverrouiller" (page 70). D'un mot il met en oeuvre ce que l'on nomme la circulation des idées, circulation si rapide que le contenu paraît indifférent voire indécente. Seuls compte la vitesse de la propagation, le circuit pavlovien action-réaction auquel l'hommus occidentalis se soumet, tressautant comme une grenouille décérébrée au gré d'impulsions idéologiques d'intensités égales mais de vecteurs opposés.

Un exemple qui est aussi une magnifique trouvaille de Volkoff-Psar, "Le Livre Blanc", intitulé d'une collection qui signale ou, comme l'on aime à dire, qui dénonce l'infinité des maux de notre temps. Maux réels ou imaginaires, il n'importe, puisque la nomination, acte démiurgique, suffit à postuler la réalité de l'être, pourvu, du moins qu'il soit négativement ou imaginaire, il n'importe, puisque la nomination avec sa variante, les vérités sélectionnées, le commentaire appuyé, l'illustration, la généralisation les parts inégales, les parts égales" Instruits de la sorte nous comprenons sans peine "qu'un seul fait vrai et vérifié en fait passer beaucoup d'autres qui ne sont ni l'un ni l'autre". Pourtant, faire passer des faits", fussent-ils faux n'est pas l'ultime ratio de l'opération. Leur exposé critique importe bien davantage puisqu'il permet de les présenter comme des ensembles significatifs et convergents. On assiste là à un ingénieux tour de passe-passe qu'il faudrait nommer, en se recommandant de Nietzche, , "exercice réactif ou " de la critique avant toute chose". Par exemple "la Femme" , se verra définie, si l'on ose dire, a-contrario, comme pur décalque du système des oppressions qu'elle subit. "L'Education Nationale en France" dévoilera que l'apprentissage de l'orthographe est une pur décalque du système des insupportable violence, une ruse de l'Etat au service du capital. Le même procédé se verra étendu à l'étude de l'Eglise catholique, "L'armée française " ou le Néocolonianisme, la Police, Dieu,. La liste étant par principe ouverte à l'infini puisque les faits présentés ne sont pas autre chose que les indices accablants, les preuves irréfutables d'un Mal unique caché, proliférant, dont les manifestations sans cesse renaissante doivent être, de ce fait inlassablement combattues. Ces affirmations, apparentées à la suggestion incantatoire qu'à la désinformation stricto sensu soutiennent d'un étonnant paradoxe : Infini selon ses déclinaisons le Mal est aussi un salon est aussi Un selon son essence ; il ne demeure innommable et innommé que parce qu'il forme, en son être l'indissociable revers de la réalité, sa subsistance propre, sa face cachée.

Le gérant de cette étrange ontologie s'est fermement établi au milieu de la pourriture universelle et du néant. Directeur du "Livre Blanc" ainsi que d'une autre collection : Genèse des révolutions", unanimement respecté au sein du monde littéraire parisien, accompagné d'une réputation flatteuse d'indépendance d'esprit, Psar, la quarantaine passée, atteint son sommet, Coopté officier du KGB dont il a gravi maint échelon lié à la mère-patrie par une jeune femme, sa future épouse, auprès de laquelle on lui a ménagé un long congé et qui, passé le délai de rigueur lui a annoncé sur ordre la naissance d'un fils, notre héros n'a plus qu'à parachever son oeuvre durant le bref intervalle qui le sépare du retour. C'est là cependant compter sans Abdoulrakhmanov qui n'est point, comme son nom porterait à le croire l'un des méchants de "Tintin au pays des soviets", mais bel et bien Major général des organes et, si, l'on ose dire, l'un de leur cerveau. Mohamed Mohamedovitch animé contre le Nobliau Russien d'un impitoyable ressentiment en exige un dernier petit service, ultime montage qui discréditerait en bloc Fouveret, conscience chrétienne et éditeur du livre blanc, Ballandar, pape de la critique, les journalistes et leurs journaux, la dissidence et les dissidents, bref qui défera l'ouvrage de Psar et scellera son destin d'une bien étrange façon.

Nous tairons les derniers épisodes du roman pour ne pas déflorer le plaisir au lecteur mais surtout parce que notre propos n'a pas été ici de raconter l'histoire. Par contre comment ne pas s'interroger sur la conclusion que Volkoff a voulu donner à son roman et qui n'est peut-être ni si claire ni si désespérée, qui pourrait sembler tout d'abord. Il est vrai ; nous nous sommes laissés si bien ligotés, rouler, entortiller, nous nous sommes nous-mêmes si complaisamment empoisonnés que la guérison paraît désormais douteuse. Quelle force d'âme ne faudrait-il pas à nos sociétés, d'ailleurs si lâches pour renier leurs compromissions et les justifications qu'elles en donne? Comment espérer que cette lucidité, si tard venue, nous permette rien de plus que d'assister, impuissant aux derniers actes de notre "liquidation "?

Face à cet avenir ténébreux, l'on doit pourtant soutenir qu'un espoir, certes très petit, mais enfin un espoir tout de même se trouve incarné en quelques-uns des personnages du roman. Joséphine Petit tout d'abord, la jeune prof des maths qui renonce à la promesse d'une première publication, pourtant extrêmement flatteuse parce qu'elle refuse l'exigence de Psar : remplacer dans son texte "terreur léniniste" par "terreur stalinienne". Divo, ensuite, écrivain demi raté russe lui aussi, ironique témoin de la vie d'Alexandre et qui considère que démystifier Dieu , comme prétend le faire le dernier volume des "Livres Blancs", c'est le comble du snobisme et du plouquisme" à la fois. Enfin et surtout "triple zéro", alias Kournossov qui à la question intriguée de Psar : "Dans ce marché passé le Guébé, quelle a été votre marchandise?" répond tout uniment : "La vérité"; ces gens-là s'imaginent qu'ils peuvent harnacher la vérité et la faire travailler pour eux, mais la vérité est une cavale indomptable ... je le lui ai dit (à Abdoulrakhmanov) dans ce box où l'on m'avait enfourné tout nu après m'avoir fouillé recto-verso. Je lui ai dit "Je suis plus fort que vous".

Source: feodorof.blog4ever.net

The value of realism, especially if we are engaged in making a new Catholic culture...


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Essays of the Week




by Mark Malvasi
Early in the history of the United States learning came to be associated with useless pursuits—at best a mere adornment to the serious business of life, at worst an unaffordable luxury or a thoroughgoing impediment. Intellectual excellence often isolated its beneficiaries, depriving them of the common touch and placing them at a conspicuous disadvantage. But if learning has bred arrogance and condescension, it has also encouraged a humility of mind and a discipline of the soul. Such an awareness may yet prompt skeptics to reconsider the life of the mind, viewing it not as a menace but as a complement to character, practicality, and common sense…



by James Patrick Reid
The world, simultaneously internal and external, springs into existence from God’s creative act, an ongoing, sustaining and providential act. “In Him we live, and move, and have our being.” Art is true to nature, and enlarges us with its beauty, when it draws strength and freshness from contact with this mystery. Art can be a sort of sacrament of the visible, effecting in itself the transfiguration of the world which it signals, and manifesting this to transform our attentive senses, hearts, and minds. For art to thrive, the public ought to be taught how to see and appreciate the deep workings of form in masterpieces, while artists strive to recover the perennial and universal tradition... 
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The Key to John Adams’ Political Principles

by John Paynter
As a political writer, John Adams is most remembered today for the constitutional prescriptions by which he helped to solidify the American Revolution. To uncover his reasoning as to why a certain arrangement of power is necessary to the securing of liberty, the student of Adams’ thought must turn to his last published and least studied writings, the three-volume Defence of American Constitutions and one volume of Discourses on Davila. In these works, he set before his audience “fairly, fully and impartially” the true principles of republican government as he had come to understand them from careful study of “human nature, society, and universal history.” Of all of Adams’ published writings, then, these last works provide an especially fruitful resource for an inquiry into his deepest political reflection...
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Enchantment, Realism, and the Imagination

by Glenn Arbery
Longing for the enchanted world underlies the poetic imagination, and it informs the work of writers like Tolkien and C.S. Lewis who imagine an alternative realm protected from “the light of common day.” Readers dwell in a space where wonderful beings and deeds fill the mind, where metaphysical evil undeniably exists, where heroism and cowardice are real, where grace and light are unmistakable. Their work satisfies a great need, especially for young readers, who bring to the real world some shining remnant of heroic expectation. But it’s the light of common day that we inhabit, and I want to say a little about the value of realism in the imaginative realm, especially if we are engaged in making a new Catholic culture... 
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T.S. Eliot’s “The Fire Sermon”: Of Memory & Salvation

by Nayeli Riano
T.S. Eliot reminds us that the answers to our soul’s depravity are all around us, in our collective culture—the books we read, the places we pass and inhabit, the music we listen to—but that culture can only survive if we remember it and keep it alive in our tradition. Without a collective memory, all we have are fragments to “shore against” our ruins. Memory to Eliot, then, is the salvation that we need. As memory is what saves man from depravity and loneliness, so reading the texts of time helps to keep our memory (and therefore ourselves) afloat in a sea of unknowing. There is an effect that comes from reading that taps into our sensory experience, which permits it to echo into the chambers of our memory... 
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by Brittany Guzman
Don Quixote teaches the reader how to live as a better Christian. He teaches us to look deeper to find the good in those whom society has cast aside, to be critical of corrupt religious practices, and to help our fellow-man in distress. In studying Don Quixote, we remind ourselves to discern the truth because appearances are often deceiving. Imitating Don Quixote, we can then carry our own type of lance that will slash through the veil of assumptions that blinds us. Our faith requires that we rely on God to guide us to see another, more truthful, level of existence, even if others may think we are mad to do so... 
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Osservatorio Gender - ultime notizie - Se l'albergo è "no kids" va tutto bene

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ULTIME NOTIZIE - Bollettino n. 86 del 12 agosto 2017

Google licenzia l'ingegnere che voleva mettere in discussione il "gender diktat"
Google licenzia l'ingegnere che voleva mettere in discussione il "gender diktat"

Licenziato per aver osato mettere in discussione la policy di Google in materia di inclusione e diversità. Questa l'incredibile sorte toccata a James Damore Senior Software Engineer accusato di essere l'autore di un inaccettabile documento fatto circolare sulla piattaforma interna dell'azienda "Blind", intitolato "Google's Ideological Echo Chamber".

   
La propaganda LGBT e i clic impossibili della KLM

La compagnia aerea olandese KLM, da sempre in prima linea nella promozione della causa LGBT+, questa volta si è data la cosiddetta "zappa sui piedi".  Lo "spiacevole" ed involontario episodio si è infatti verificato in occasione della campagna lanciata per il Gay Pride di Amsterdam, dove l'account Twitter della KLM ha pubblicato un post recitante "non importa con chi […]

   
California: al via i campus estivi per bambini "gender-fluid"

"Normalizzare" ogni genere di devianza sessuale fin dalla più tenera età. Questo è il folle obiettivo "educativo" dei campus estivi per bambini e adolescenti gender-fluid lanciati in California nella zona della baia di San Francisco, culla del movimento gay internazionale.

   
In Australia c'è un bar in cui gli uomini pagano di più per compensare il "gender pay gap"

NOTA di REDAZIONE: Riportiamo questa notizia curiosa che viene dall'Australia…che cosa si arriva a fare per l'ideologia…Un locale impone un sovrapprezzo del 18% per far provare sulla pelle (e sul portafoglio) dei clienti maschi cosa significhi la discriminazione.

   
Se l'albergo è "no kids" va tutto bene

Eravamo stati fin troppo facili profeti. Scegliersi la clientela delle proprie strutture turistiche si sta rivelando sempre più un'attività dalla doppia morale: vietato se l'albergatore non vuole i gay, ma se invece ad essere off limits sono i bambini è semplice esercizio della libertà di decidere chi mettere in casa. Quando abbiamo raccontato dello scandalo […]

   





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Il est nécessaire de créer au sein de l’Eglise un climat serein de discussions doctrinales


La crise de l’Eglise comparable à celle du IVe siècle, lorsque l’arianisme avait contaminé l’immense majorité de l’épiscopat


Jeanne Smits a traduit un texte de Mgr Athanasius Schneider sur la crise de l'Eglise et la nécessaire réflexion doctrinale à propos de Vatican II. Mgr Schneider a revu le texte français pour qu'il reflète exactement sa pensée :

"La situation de crise sans précédent où se trouve actuellement l’Eglise est comparable à la crise générale au IVe siècle, lorsque l’arianisme, ayant contaminé l’immense majorité de l’épiscopat, occupait une position dominante dans la vie de l’Eglise. Nous devons chercher à aborder cette situation avec réalisme, d’une part, et de l’autre, avec un esprit surnaturel – avec un profond amour de l’Eglise, notre mère, qui souffre la Passion du Christ en raison de cette confusion doctrinale, liturgique et pastorale formidable et généralisée.

Nous devons renouveler cette foi par laquelle nous croyons que l’Eglise est entre les mains très sûres du Christ, sachant qu'Il intervient toujours pour renouveler l’Eglise au moment où le navire de l’Eglise semble devoir couler, comme c’est évidemment le cas de nos jours.

En ce qui concerne l’attitude à l’égard du concile Vatican II, nous devons éviter deux extrêmes : le rejet complet (tel celui des sédévacantistes et d’une partie de la Fraternité Saint-Pie X, ou l’« infaillibilisation » de tout ce qui a été exprimé par le concile.

Vatican II était une assemblée légitime présidée par les papes et nous devons garder envers ce concile une attitude respectueuse. Néanmoins, cela ne signifie pas qu'il nous soit interdit d’exprimer des doutes bien fondés ou des suggestions respectueuses d’amélioration en ce qui concerne certains points spécifiques, en nous basant toujours sur l’ensemble de la Tradition et du Magistère constant de l’Eglise.

Les affirmations traditionnelles et constantes du Magistère recouvrant une période de plusieurs siècles, ont préséance et constituent un critère de vérification par rapport à l’exactitude de déclarations magistérielles postérieures. Les nouvelles affirmations du Magistère doivent, en principe, être plus exactes et plus claires, et en aucun cas ambiguës et en contradiction apparente avec des affirmations magistérielles antérieures.

Les affirmations de Vatican II qui sont ambiguës doivent être lues et interprétées à la lumière des affirmations de la Tradition dans son ensemble et du Magistère constant de l’Eglise.

En cas de doute, les affirmations du Magistère constant (les conciles antérieurs et les documents des papes, dont le contenu est manifestement l’expression d’une tradition certaine et réitérée au cours des siècles dans le même sens) prévalent sur les affirmations objectivement ambiguës ou nouvelles de Vatican II, difficiles à accorder avec des affirmations spécifiques du Magistère antérieur constant (par exemple, le devoir de l'Etat de vénérer publiquement le Christ, Roi de toutes sociétés humaines, le sens véritable de la collégialité épiscopale par rapport à la primauté de Pierre et au gouvernement universel de l’église, la nocivité de toutes les religions non catholiques et le dangerosité qu’elles représentent pour le salut éternel des âmes).

Vatican II doit être considéré et reçu tel qu'il est, et tel qu’il était réellement : un concile avant tout pastoral. Ce concile n’avait pas pour intention de proposer des doctrines nouvelles ni de les proposer sous une forme définitive. Dans une grande partie de ses affirmations, le concile a confirmé la doctrine traditionnelle et constante de l’Eglise.

Parmi les nouvelles affirmations de Vatican II (par exemple, la collégialité, la liberté religieuse, le dialogue œcuménique et inter-religieux, l’attitude à l’égard du monde) certaines n’ont pas un caractère définitif, et comme elles se trouvent être en apparence ou en réalité en contradiction avec les affirmations traditionnelles et constantes du Magistère, elles doivent être complétées par des explications plus exactes et des suppléments plus précis, à caractère doctrinal. L’application aveugle du principe de l’« herméneutique de la continuité » n’est pas d’un réel secours puisqu’à travers celle-ci on fabrique des interprétations forcées qui ne sont pas convaincantes et qui n’aident pas à atteindre une compréhension plus claire des vérités immuables de la foi catholique et de leur application concrète."


Il y a eu des cas dans l’histoire où les affirmations non définitives de certains conciles œcuménique ont été par la suite – grâce à un débat théologique serein – précisées ou corrigées de manière tacite (par exemple, les affirmations du concile de Florence à propos de la matière du sacrement de l’ordre, à savoir que la matière serait constituée par la porrection des instruments, alors que la tradition plus sûre et constante affirmait que l’imposition des mains de l'évêque était suffisante, une vérité qui serait en fin de compte confirmée par Pie XII en 1947). Si après le concile de Florence les théologiens avaient aveuglément appliqué le principe de l’herméneutique de la continuité à cette affirmation concrète du concile de Florence (une affirmation objectivement erronée), en défendant la thèse selon laquelle la remise des instruments constituait la matière du sacrement de l'ordre était en accord avec le magistère constant, on ne serait probablement pas parvenu au consensus général des théologiens par rapport à la vérité qui affirme que seule l’imposition des mains de l’évêque constitue la matière réelle du sacrement de l’ordre.

Il est nécessaire de créer au sein de l’Eglise un climat serein de discussions doctrinales par rapport à celles des affirmations de Vatican II qui sont ambiguës ou qui ont été à l’origine d’interprétations erronées. Une telle discussion doctrinale n’a rien de scandaleux : au contraire, elle va contribuer à faire expliciter de manière plus sûre et complète le dépôt immuable de la foi de l’Eglise.

Il ne faut pas mettre à ce point l’accent sur un concile donné, qu’on en vienne à l’absolutiser et à le placer de fait sur le même pied que la parole de Dieu orale (la Tradition sacrée) ou écrite (l’Ecriture Sainte). Vatican II lui-même a très justement affirmé (cf. Dei Verbum, 10) que le Magistère (le pape, les conciles, le magistère ordinaire et universel) ne se situe pas au-dessus de la parole de Dieu mais en-dessous, lui étant subordonné: il est seulement son serviteur (serviteur de la Parole orale de Dieu, c’est-à-dire la Tradition sacrée, et de la Parole écrite de Dieu, c’est-à-dire l’Ecriture Sainte).

D’un point de vue objectif, les affirmations du Magistère (les papes et les conciles) qui ont un caractère définitif ont plus de valeur et de poids que les affirmations à caractère pastoral, dont la qualité est naturellement changeante et provisoire, sujette aux circonstances historiques ou apportant une réponse à des situations pastorales d’une période donnée, comme c’est le cas pour la plupart des affirmations de Vatican II.

L’apport original et précieux de Vatican II réside dans l’appel universel à la sainteté qui s’adresse à tous les membres de l’Eglise (chapitre 5 de Lumen Gentium), dans la doctrine relative au rôle central de Notre Dame dans la vie de l’Eglise (chapitre 8 of Lumen Gentium), dans l’importance du rôle des fidèles laïcs par rapport à la sauvegarde, la défense et la promotion de la foi catholique, et dans leur devoir d’évangéliser et de sanctifier les réalités temporelles conformément au sens pérenne de l’Eglise (chapitre 4 de Lumen Gentium), dans la primauté de l’adoration de Dieu dans la vie de l'Eglise et la célébration de la liturgie (Sacrosanctum Concilium n° 2 ; 5-10). Le reste peut être considéré jusqu’à un certain point comme secondaire, temporaire et sera, à l’avenir, probablement jugé oubliable, comme cela fut le cas pour certaines affirmations non définitives, pastorales et disciplinaires de divers conciles œcuméniques par le passé.

Les sujets suivants : Notre Dame, la sanctification par les laïcs de leur vie personnelle en même temps que la sanctification du monde selon le sens pérenne de l’Eglise, ainsi que la primauté de l’adoration de Dieu, sont les aspects les plus urgents qui doivent être vécus en notre temps. En cela Vatican II a un rôle prophétique qui, malheureusement, n’a pas encore été réalisé de manière satisfaisante.

Au lieu de vivre ces quatre aspects, une part considérable de la Nomenklatura théologique et administrative au sein de la vie de l’Eglise a promu au cours de ces cinquante dernières années, et continue de promouvoir des thèmes doctrinaux, pastoraux et liturgiques ambigus, altérant ainsi l’intention originelle du Concile ou en utilisant abusivement ses affirmations doctrinales moins claires, voire ambiguës, en vue de créer une autre Eglise – une Eglise de type relativiste ou protestant. Nous vivons de nos jours l’aboutissement de ce développement.

Le problème de la crise actuelle de l’Eglise consiste en partie dans le fait que certaines affirmations de Vatican II qui sont objectivement ambiguës, ou ses rares affirmations qui peuvent difficilement s’accorder avec la tradition magistérielle constante de l’Eglise ont été « infaillibilisées ». C’est par ce moyen qu'on a bloqué le sain débat assorti d’une nécessaire correction implicite ou tacite.

En même temps, on a encouragé la fabrication d’affirmations théologiques contrastant avec la tradition pérenne (par exemple, en ce qui concerne la nouvelle théorie d’un double sujet suprême ordinaire du gouvernement de l’Eglise, c’est-à-dire le pape seul et le collège épiscopal tout entier ensemble avec le Pape ; la doctrine de la neutralité de l’Etat par rapport au culte public qu'il doit rendre au vrai Dieu, qui est Jésus-Christ et qui est aussi Roi de chaque société humaine et politique ; la relativisation de la vérité selon laquelle l’Eglise catholique est l’unique chemin du salut, voulu et ordonné par Dieu).

Nous devons nous libérer des chaînes qui ont « absolutisé » et entièrement « infaillibilisé » Vatican II. Nous devons réclamer un climat de débat serein et respectueux, à partir de l’amour sincère pour l’Eglise et pour la foi immuable de l’Eglise.

Nous pouvons voir un signe positif dans le fait que le 2 août 2012, le pape Benoît XVI a écrit une préface au volume relatif à Vatican II dans l’édition de ses Opera Omnia. Dans cette préface, Benoît XVI exprime ses réserves par rapport à certains contenus spécifiques dans les documents Gaudium et spes et Nostra ætate. La teneur des paroles de Benoît XVI laisse voir que des défauts concrets au sein de certaines sections de ces documents ne sont pas susceptibles d’amélioration par « l’herméneutique de la continuité ».

Une FSSPX, canoniquement et pleinement intégrée dans la vie de l’Eglise, pourrait également apporter une précieuse contribution à ce débat – tout comme le souhaitait Mgr Marcel Lefebvre. La présence canonique plénière de la FSSPX dans la vie de l’Eglise en notre temps contribuerait également à créer le climat général d’un débat constructif, de telle sorte que ce qui a été cru toujours, partout et par tous les catholiques au cours de 2.000 ans puisse être cru de manière plus claire et plus sûre également aussi de nos jours, réalisant ainsi la véritable intention pastorale des Pères du concile Vatican II.

L'intention pastorale authentique vise le salut éternel des âmes – un salut qui ne sera réalisé que par la proclamation de la volonté tout entière de Dieu (cf. Actes 20: 27). L'ambiguïté dans la doctrine de la foi et dans son application concrète (dans la liturgie et dans la vie pastorale) constituerait une menace pour le salut éternel des âmes et serait par conséquent anti-pastoral, puisque la proclamation de la clarté et de l’intégrité de la foi catholique et de son application concrète fidèle constituent la volonté explicite de Dieu.

Seule l’obéissance parfaite à la volonté de Dieu – qui nous a révélée par le Christ, Verbe incarné, et par les Apôtres, la foi véritable, la foi interprétée et pratiquée de manière constante et dans le même sens par le Magistère de l’Eglise – amènera avec elle le salut des âmes.

+ Athanasius Schneider, Evêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie d’Astana au Kazakhstan