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jueves, 11 de julio de 2013

. On a beau jouer, enfant, au papa et à la maman

Un mariage virtuel

par Jean-François Mattéi



 

Le « mariage homosexuel », cet étrange oxymore, reste sous la dépendance du mariage hétérosexuel, ce curieux pléonasme. Loin d'assurer leur liberté aux couples homosexuels, la juridicisation de leur lien affectif sous la forme d'un mariage les soumet au modèle dominant du mariage hétérosexuel.

Tous les arguments pro ou contra le mariage gay ont été débattus sans convaincre les opposants au projet de loi ou ses partisans. 


Chaque camp est resté sur ses positions et a plus pensé à déconsidérer son adversaire qu'à envisager le problème en lui-même. 

Dans quelle mesure peut-on en effet justifier, non pas le « mariage pour tous », puisque cette formulation trop large buterait sur l'interdit de l'inceste, mais le « mariage homosexuel », c'est-à-dire l'union civile entre deux personnes de même sexe, en grec homoion ? 

Dans toutes les sociétés, le mariage est une organisation rituelle d'ordre religieux ou juridique entre un homme et une femme. Il permet à un couple d'élever des enfants en se prolongeant en famille, l'ensemble des familles reproduisant à chaque génération la société concernée. 

L'article 16 de la Déclaration universelle des droits de l'homme en convient : « À partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. » Le même article précise que « l'homme et la femme » possèdent « des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution ». 

Il n'est pas fait mention d'une autre forme d'égalité qui concernerait les personnes de même sexe. 

Cet article 16 lie naturellement le mariage et l'engendrement des enfants : « La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'État. » 

Le lien matrimonial entre la femme, qui peut porter des enfants, et la famille se trouve impliqué par le mot latin matrimonium qui signifie la « maternité ». 

Quant au terme de « mariage », il est dérivé de maritus, le mari, qui a donné au féminin marita, la mariée ou l'épouse. On voit que le mariage, parce qu'il est lié à la rencontre d'un mari qui engendre et d'une épouse qui met au monde, implique que les deux partenaires soient de sexes différents. 

L'instauration du mariage homosexuel revient ainsi à faire une révolution sémantique qui se prolonge, Madame Taubira en a convenu, en « réforme de civilisation », en fait en révolution anthropologique.
Quel habitus ?

Toute société est fondée sur l'imitation par les générations nouvelles des façons de vivre des précédentes générations.

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