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sábado, 21 de enero de 2017

Une glorification de la Révolution communiste et bolchevique, sans la moindre précaution oratoire


Centenaire de la révolution bolchevique de 1917 : la presse russe salue Lénine

par Anne Dolhein



Il faut tout de même oser. Une tribune publiée par rt.com en langue anglaise au début du mois pour marquer le début du centenaire de la révolution bolchevique fait clairement l’éloge de Lénine. Certes, en présentant « 1917 et ses leçons pour 2017 : apprendre de Lénine », le média officiel précise que l’opinion du rédacteur ne reflète pas nécessairement la sienne. Il n’empêche. 

Neil Clark, journaliste qui s’exprime par ailleurs dans de nombreux journaux anglophones, conservateurs ou non qui a rédigé pour la presse russe ce texte pour saluer Lénine, ne rappelle pas une seule fois le bilan véritablement génocidaire du monstrueux régime communiste. Le théoricien de la Révolution y est présenté comme un modèle. Une conclusion s’impose : le communisme n’est pas mort.

Neil Clark rappelle que les événements dramatiques de 2017 façonnent encore notre monde d’aujourd’hui, et que c’est grâce au « marxiste barbu de Simbirsk », passé de l’exil et de la destitution à la tête d’une Russie débarrassée du Tsar. Les événements allaient lui permettre de prendre le commandement d’un « Etat non-bourgeois – une première dans l’histoire » comme Lénine devait l’écrire lui-même plus tard.

Le centenaire de la révolution bolchevique et le souvenir de Lénine

Clark commente : l’« établissement » de l’époque, « corrompu, arrogant, et hideusement déconnecté » de la réalité, était au bord de l’effondrement pour cause d’inégalités « stupéfiantes » « au sein de la société »- comme aujourd’hui, dit-il.

Mais s’il y a une leçon à tirer de l’histoire, à en croire le journaliste, c’est qu’alors, les forces de gauche purent s’imposer à travers un populisme des travailleurs, alors qu’aujourd’hui, c’est « la droite populiste qui avance ». Le peur de la révolution prolétaire conduit selon lui à ce choix de « l’établissement militariste néolibéral ».

Il y aurait beaucoup à dire sur cette analyse, étant donné que le populisme dans de nombreux pays est clairement gauchiste et étatiste.

Mais Clark adopte en réalité une vision russe qui court en filigrane dans les actions, les préférences, les actes de Moscou. Il dénonce l’attitude de l’Occident à l’égard de l’Ukraine, l’oubli des gens ordinaires au profit de la « guerre culturelle libérale » et l’interventionnisme libéral au Proche-Orient au profit des intérêts des élites, en l’opposant à ce qu’il présente comme la lucidité de Lénine en 1917, époque où celui-ci dénonçait la « démocratie libérale » en écrivant : « La démocratie pour une minorité insignifiante, la démocratie pour les riches, voilà ce qu’est la démocratie de la société capitaliste. »

1917-2017 : la presse russe salue Lénine sans la moindre réserve

« Il savait que l’implication russe dans la guerre devait prendre fin. Que la terre devait être donnée aux paysans sans délai. Que l’économie de la Russie devait être restructurée radicalement. Son slogan, « la paix, le pain et la terre » résonnait à travers tout le pays », affirme Neil Clark dans Russia Today. Slogan qui n’est pas sans rappeler celui des « mouvements populaires aujourd’hui : « Une terre, un toit, un travail », adoubé par le pape François lui-même

« Il n’est pas besoin d’être bolchevique, ni même socialiste, pour admirer la clarté de Lénine et son volontarisme », écrit Clark sans sourciller : « Le centenaire de la Révolution d’octobre et les dix jours qui ont ébranlé le monde devraient galvaniser la gauche pour l’action. Mais si les coucous libéraux obtiennent satisfaction, ce sera la droite qui une fois de plus ira de l’avant, avec le soutien des classes laborieuses, en 2017. »

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