Qui a signé le contrat social ?
Par Georges Kaplan
Je suis comme Voltaire, je n’aime pas Rousseau. Je n’aime pas Rousseau parce que je ne lui trouve ni qualités morales – un type qui abandonne ses cinq enfants à l’assistance publique pour continuer à mener sa vie de parasite ne mérite que mon mépris –, ni qualités intellectuelles – son Contrat social ne mérite même pas le titre flatteur de théorie ; c’est, au mieux, de la démagogie ; un vœu pieux ; un vague « on n’a qu’à faire comme si… » Mais laissons là M. Rousseau et sa vie misérable, et parlons plutôt de ce contrat social.
Pour qu’un tel contrat existe, il faudrait, quant au fond, que nous en connaissions les clauses et, pour la forme, que nous l’ayons signé ; au moins implicitement.
...
« Les Français vont instinctivement au pouvoir ; ils n’aiment point la liberté ; l’égalité seule est leur idole. Or l’égalité et le despotisme ont des liaisons secrètes. (4) » Peut être un jour ferons-nous enfin mentir Chateaubriand. Peut-être un jour cesserons-nous de vouloir faire de notre République un république sociale ; ce « mot ambigu, notait Hayek, qui a acquis le pouvoir de vider les noms qu’il qualifie de leur signification. » Peut-être un jour arrêterons-nous de poursuivre la chimère égalitariste (5) et reprendrons-nous possession de notre liberté. Mais d’ici là, de grâce, cessez d’invoquer le contrat social.
Lire ici: www.ndf.fr
No hay comentarios:
Publicar un comentario