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domingo, 19 de julio de 2015

Il faut libéraliser l'agriculture, comme le reste de l'économie en France: «L'ajustement doit se faire selon la demande, et non par le biais d'une ingérence de l'Etat.»


Libéraliser l'agriculture, le seul moyen de la sauver


Jean-Robert Pitte -membre de l'Institut et Président de la Mission française du patrimoine et des cultures alimentaires. - analyse l'état actuel de l'agriculture française et ses perspectives d'amélioration.


Des éleveurs ont manifesté à travers toute la France (Manche, Bretagne, Pyrénées-Atlantiques) pour exprimer leur colère quant à la baisse du prix du lait et de la viande. Contrairement aux céréaliers, les éleveurs sont particulièrement touchés par la crise. Comment l'expliquez-vous?

Nos agriculteurs paient lourdement une politique néfaste qui remonte aux Trente Glorieuses et à une conception dirigiste de la Politique Agricole Commune de l'Europe. Ils ont été incités à produire plus, à s'endetter lourdement et les prix étaient garantis. En cas de surproduction, l'Etat et Bruxelles payaient. Cela n'est plus possible aujourd'hui. Nous devons sortir du dirigisme et les subventions ne devraient aller qu'à des projets de reconversion. Les viticulteurs de la plaine du Languedoc ont vécu la même évolution. Aujourd'hui, les prix du vin ne sont plus garantis et il n'y a plus guère de manifestations. Il faut libéraliser l'agriculture, comme le reste de l'économie en France.

Nous restons un peu trop marqués par la planification et le modèle soviétique…


Les agriculteurs, y compris les éleveurs laitiers, qui se sont tournés vers la qualité et vers une commercialisation moins tournée vers la grande distribution s'en sortent beaucoup mieux.

Qu'entendez-vous par «conception dirigiste de la PAC»?
Nous vivons dans un système para-soviétique où l'Etat doit garantir les prix, et où la production est contrôlée par l'Etat. Ce n'est pas une conception économique qui convient à un modèle libéral. L'ajustement doit se faire selon la demande, et non par le biais d'une ingérence de l'Etat. Le modèle actuel remonte à la Deuxième guerre mondiale, lorsque la France avait faim et qu'elle devait produire beaucoup. Aujourd'hui, les rendements en matière agricole ne sont pas optimaux. La surproduction engendre énormément de gaspillage. Chaque année, d'énormes quantités de fruits et de lait sont détruites.

Les syndicats attendent tout de l'Etat, notamment qu'il rachète le surplus. Ils s'en vont négocier quelques centimes auprès des autorités de Bruxelles. C'est encore très vrai pour le lait et la viande, beaucoup moins pour le vin.

Comment serait-il possible, concrètement, de libéraliser l'agriculture française?

Il faut cesser de trop subventionner les exploitations agricoles. L'argent public ne devrait être distribué qu'à des projets de reconversion viables. Il serait possible d'octroyer des prêts sous des conditions strictes, pour acheter du matériel agricole servant à améliorer la productivité par exemple. La grande distribution paie très bas les produits bas de gamme, ce qui fait que les coopératives sont obligées de négocier durement, et d'accepter ses exigences. Les agriculteurs dont les produits sont médiocres ne s'en sortent pas, et c'est normal. Mais les producteurs qui s'attachent à la qualité de leurs produits ne rencontrent pas ce type de problèmes.

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