Les noces françaises de la littérature et de la politique
Par ALAIN DUHAMEL
Alain-Gérard Slama exagère. Dans son nouveau livre, Les écrivains qui ont fait la République (1), le brillant essayiste soutient la thèse que la seule identité politique qui puisse définir la France est sa littérature.
Avec des accents délibérés à la Renan, il s'écrie que la littérature est l'âme de notre nation, son principe spirituel.
Bien entendu, on pourrait soutenir au contraire que c'est l'antique construction de l'État qui a forgé la personnalité politique de la France.
Mais Slama a raison : l'originalité la plus séduisante de la politique française tient à la place exceptionnelle, incomparable qu'y a tenue la littérature.
Pour reprendre avec lui une formule de Mona Ozouf, la France est perçue, plus que tout autre pays, comme une "patrie littéraire".
Ses grands hommes subsistent moins par leurs oeuvres que par les écrivains qui les transfigurent : Charlemagne à travers la "Chanson de Roland", Louis XIV à travers Voltaire, Napoléon à travers Chateaubriand, de Gaulle à travers Malraux.
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Avec des accents délibérés à la Renan, il s'écrie que la littérature est l'âme de notre nation, son principe spirituel.
Bien entendu, on pourrait soutenir au contraire que c'est l'antique construction de l'État qui a forgé la personnalité politique de la France.
Mais Slama a raison : l'originalité la plus séduisante de la politique française tient à la place exceptionnelle, incomparable qu'y a tenue la littérature.
Pour reprendre avec lui une formule de Mona Ozouf, la France est perçue, plus que tout autre pays, comme une "patrie littéraire".
Ses grands hommes subsistent moins par leurs oeuvres que par les écrivains qui les transfigurent : Charlemagne à travers la "Chanson de Roland", Louis XIV à travers Voltaire, Napoléon à travers Chateaubriand, de Gaulle à travers Malraux.
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