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domingo, 24 de mayo de 2015

Ni maîtres ni dieux, loge sulfureuse de Manuel Valls


Franc-maçonnerie: la charte de Ni maîtres ni dieux, loge de Manuel Valls


Par François Koch

"L'homme sans maîtres ni dieux, disponible pour toutes les remises en cause, doit mettre ses énergies au service de la construction des utopies qui assureront le progrès social de l'Humanité. "


L'Express a retrouvé la charte de Ni maîtres ni dieux, la loge mère de Manuel Valls, et publie des extraits du texte lu lors de la cérémonie rituelle d'installation du 10 avril 1986 à Paris. Une philosophie assez éloignée de l'actuel pragmatisme "vallsien".

"Tout pouvoir, fût-il le plus fermement porteur d'un idéal d'égalité, risque sans frein ni contrepoids d'en devenir le fossoyeur.

L'homme sans maîtres ne nourrit pas d'illusion sur les pouvoirs libérateurs, l'égalité ne pouvant être fille de l'autorité. Mais il sait aussi que nier un seul pouvoir, c'est laisser à d'autres pouvoirs la possibilité de prendre la place. [...]
L'homme sans dieux ne reconnaît pour valeurs que celles forgées par l'Homme pour l'Homme. Mais il sait aussi que, si rien n'est éternel ni sacré, le besoin de sacralisation et l'interrogation métaphysique sont deux composantes de l'aventure humaine. Il proclame que tout pas nouveau franchi vers l'explication de l'ensemble des phénomènes humains ne peut être que le fait d'hommes libres, acceptant d'inclure leurs propres croyances et leurs valeurs dans le champ de la connaissance. [...]


L'homme sans maîtres ni dieux, disponible pour toutes les remises en cause, doit mettre ses énergies au service de la construction des utopies qui assureront le progrès social de l'Humanité. [...]

Résolument tournée vers l'avenir de l'Homme, confiante dans sa liberté créatrice, la franc-maçonnerie progressiste, fidèle à ses principes, doit être l'un des lieux privilégiés où s'élaborent les nouvelles utopies constructives qui féconderont les sociétés futures. Imaginatif et débarrassé de tout préjugé, le Franc-maçon, sans maîtres ni dieux, se doit d'intégrer, jusque dans ses rêves les plus fous, les contraintes de compétence et les exigences de raison qui s'imposent à tout bâtisseur." 


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>> Notre dossier complet sur les francs-maçons


Source: www.lexpress.fr

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Un franc-maçon nommé Valls

Par François Koch


L'Express lève le voile sur un volet resté mystérieux de la biographie de Manuel Valls: son initiation et son parcours dans une loge maçonnique très singulière, appelée Ni maîtres ni dieux.

C'est un sujet tabou. Une part de mystère dans son "CV" de Premier ministre. Ses nombreuses biographies ne l'évoquent pas. Idem pour les portraits diffusés à télévision. Pas un mot, aucune allusion, rien, comme s'il y avait là un secret inavouable. Le fait que Manuel Valls ait longtemps appartenu au Grand Orient de France (GODF), l'une des principales organisations maçonniques du pays serait-il effacé comme on gommait autrefois des clichés les visages des opposants à Staline?

Son passage en franc-maçonnerie fut pourtant très long, de 1989 à 2005, et d'une richesse telle qu'il a contribué à façonner l'homme qu'il est devenu (1). Seize années durant, sa conscience politique s'est forgée au feu des débats en loges, au plus près des "frères", témoins discrets mais attentifs de son ascension.

En l'entendant s'exprimer à l'Assemblée nationale après les attentats de janvier, certains d'entre eux ont reconnu cet attachement réel, profond, aux valeurs fondamentales de la franc-maçonnerie. Ce jour-là, lorsqu'il martèle que la laïcité est compatible avec toutes les religions prêtes à accepter les principes et les valeurs de la République, ses anciens "frères" le retrouvent tels qu'ils l'ont connu dans une autre vie.

Lever le voile sur cet épisode du parcours de Manuel Valls oblige d'abord à en chercher les aiguilleurs, ceux qui l'ont guidé sur les sentes escarpées de l'initiation. Dans un premier temps, les indices convergent vers le criminologue Alain Bauer, ex-grand maître du GODF. Cette piste nous renvoie trente-cinq années en arrière, en 1980. A l'époque, Manuel Valls, né à Barcelone en 1962, est encore de nationalité espagnole. Etudiant en histoire à l'université Paris I, il milite au Mouvement des jeunes socialistes et soutient Michel Rocard, l'éternel rival de François Mitterrand.

"Dans le grand amphi N du centre Tolbiac de l'université, j'ai été bluffé par le courage et l'éloquence de Manuel haranguant un public difficile pour une cause humanitaire en Italie, après une catastrophe naturelle", se souvient Bauer. Les deux jeunes gens composent alors avec Stéphane Fouks, futur publicitaire, un trio de rocardiens qui résistera à l'épreuve du temps. Aujourd'hui encore, Valls les considère comme ses "plus proches amis".
De militants libertaires ou anarchistes, socialistes autogestionnaires...

En juin 1981, Bauer entre au GODF. Il serait logique que cette aventure enthousiasmante - une "libération intérieure", selon lui - ait incité son ami espagnol à le suivre. Beaucoup en sont convaincus, y compris dans les rangs de la francmaçonnerie. Or ce n'est pas le cas. "Aussi bizarre que cela puisse paraître, assure Bauer, Manuel et moi n'avons jamais parlé de franc-maçonnerie avant 1995." En 1981, le jeune Valls, très actif au sein de l'Unef, syndicat étudiant considéré comme la "pouponnière" du PS, ne rêve que d'une carrière politique.

Naturalisé français à l'âge 20 ans, il devient par la suite l'assistant parlementaire du député de l'Ardèche Robert Chapuis - ancien dirigeant du Parti socialiste unifié (PSU, cher à Michel Rocard) -, avant d'être lui-même élu conseiller régional d'Ile-de-France. Mais tout cela ne dit pas comment, ni par qui, il rejoint à s
on tour le GODF. L'hypothèse Bauer ayant fait long feu, l'enquête conduit à une autre piste, jamais explorée et particulièrement déroutante...

Nous sommes en 1988. Michel Rocard vient d'être nommé Premier ministre. Il a pour chef de cabinet Yves Colmou, membre du Grand Orient. Manuel Valls, pour sa part, est l'un des chargés de mission de Matignon, responsable successivement des relations avec l'Assemblée nationale puis de la jeunesse et de la vie étudiante. C'est un collaborateur sérieux, disponible, manifestant déjà une grande ambition. Yves Colmou l'apprécie et lui présente un autre rocardien, de dix-neuf ans son aîné, Jean-Pierre Antebi, un courtier en assurances devenu l'un des dignitaires du GODF. C'est cet homme, inconnu du grand public, qui devient bientôt son parrain en franc-maçonnerie.

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